Christine Viron, co-fondatrice de l'association La Bio d'Ici, a quitté son ancien poste salarié pour s'investir dans ce projet en totale cohérence avec ses convictions et ses valeurs.
Après un an de préparation, durant lequel beaucoup de rencontres avec les parties prenantes du projet ont eu lieu , la plateforme a vu le jour en janvier 2011. Née de démarches et réflexions personnelles sur l'agriculture et l'alimentation des différents membres, La Bio d'Ici s'est construite dans l'esprit des AMAP (Association pour le Maintien d'une Agriculture de Proximité) pour recréer du lien entre producteurs et client final (la restauration collective dans ce cas).
Une lettre hebdomadaire, la Mercuriale des fruits et légumes, est d'ailleurs publiée chaque lundi auprès des différents clients et prospects de la plateforme. Cette lettre est très attendue car elle participe à donner du sens aux partenariats mis en place entre les structures clientes de la restauration collective et les producteur-rice-s. Militante, la mercuriale parle non seulement des produits, mais aussi de la réalité concrète, humaine et sociale derrière les produits.
Le projet s'adresse à un public prioritaire : les enfants et les jeunes. A la fois pour un enjeu de santé publique et d'éducation au bien manger, l'essentiel de nos habitudes alimentaires, de nos goûts et de nos dégoûts, se formant dans l'enfance
La conjoncture actuelle est à la crise mais les Grenelles de l'Environnement 1 et 2 ont lancé une dynamique auprès des pouvoirs publics et des acteurs du milieu. Les scandales alimentaires qui se sont succédés ces dernières années, la sortie de films documentaires (tesl que "nos enfants nous accuseront" ou "we feed the world") qui interpellent l'opinion publique sur l'industrialisation de l'agriculture et de notre alimentation contribuent à faire évoluer les mentalités des citoyens malgré cette crise. Cela contribue à une réflexion amenant progressivement vers desn changement de comportement.
- Développer une alimentation bio, saine et de proximité dans les écoles (restauration dite "sociale").
L'objectif est de toucher un maximum d'établissements sur les 2 Savoie. Au bout d'1 an, la plateforme travaille avec une centaine d'établissements. Des partenariats se sont noués avec les Conseils Généraux des 2 Savoie qui gèrent les Collèges et ont des compétences en matière de développement rural.
Un travail important a été engagé pour toucher les centres et villages de vacances car les jeunes sont une priorité pour aborder les problèmes de santé publique.
Il reste à prospecter les établissements scolaires relevant du privé, les crèches, les restaurants d'entreprises et les hôpitaux publics (très difficile !).
Le travail mené par La Bio d'Ici se fait établissement par établissement (temps important de démarchage!). L'année 2012 devrait être décisive pour l'association qui se heurte à des feins aux changements de comportement (habitudes alimentaires, industrialisation de l'alimentation aussi bien à la maison qu'en collectivité).
- Développer la filière bio locale en créant des marchés (accompagnement à l'installation et à la diversification d'agriculteur-rice-s)
Lors de la création de La Bio d'Ici, un tiers des producteur-rice-s qui approvisionnent la plateforme étaient installés sur les 2 Savoie, la moitié sur la région Rhône-Alpes. En un an d'activité, le rapport a évolué à 60% sur les 2 Savoie et 80% sur la région Rhône-Alpes. Mais ces producteur-rice-s étant généralement de petite taille, ils ont une offre encore limitée et ne représentent que 30% des achats de La Bio d'Ici sur le local et 55% sur la région Rhône-Alpes. Le développement de la plateforme devrait permettre une augmentation significative dans les prochaines années de l'offre en produits bio locaux. Pour cela, La Bio d'Ici favorise et accompagne l'installation et la reconversion des agriculteur-rice-s en agriculture biologique notamment par la création de débouchés sur la durée.
Cette démarche d'accompagnement alimente également un projet de relocalisation de certaines filières (ex : oeufs, yaourts...)
- Contribuer au "bien manger" par la mise en place d'interventions pédagogiques.
Cet objectif est encore peu développé car il sollicite beaucoup de temps. Le personnel et les bénévoles actuels, bien que très impliqués, ne peuvent, pour le moment, s'y consacrer que ponctuellement, la priorité étant donné à la consolidation de la plateforme dans son rôle d'approvisionnement en produits locaux, bio et sains pour la restauration collective. Par ailleurs, la Bio d'Ici travaille en partenariat étoit avec l'ADABio qui a des actions dans ce domaine.